Loi
relative aux droits d’utilisation à temps partiel de biens immobiliers
à usage touristique en Espagne
Publié
par : “Colegio de Rgistradores de la Proprieda y Mercantiles
de Espana” - Calle Principe de Vergara, 72, 28006, Madrid
(Espagne)
1.
En quoi consiste le droit d'utilisation à temps partiel d'un bien
immobilier
Il
s'agit du droit à utiliser, de façon exclusive et pendant une
période spécifique de chaque année, un appartement touristique
équipé du mobilier approprié. Ce droit implique le droit a la
prestation de services additionnels tels que le nettoyage de l'appartement,
l'entretien des éléments communs de l'immeuble ou du complexe
où se trouve l'appartement, etc. (comme nous le verrons au point
4, ces services sont assurés par une entreprise de services).
La «période spécifique» de chaque année est ce que la Loi appelle
«temps partagé»; cette période ne peut être inférieure a une semaine
et se répète chaque année jusqu'à la limite du nombre d'années
visé au point 2. Toutes les périodes d'un immeuble ou complexe
auront la même durée et chaque acheteur pourra acquérir celles
qu'il voudra.
2.
Le droit d'utilisation est-il illimité ?
Non.
Au moment de constituer ce régime spécial d'exploitation d'un
immeuble ou d'un complexe, le promoteur doit en fixer la durée,
qui sera de trois ans au moins et de cinquante au maximum. Comme
il a été préalablement exposé, l'acheteur n'acquiert aucun droit
de propriété mais ce qui dans le Droit espagnol est connu sous
le nom de «droit réel limité», c'est-à-dire un droit spécial d'utilisation
d'un appartement dont le propriétaire continue à être le promoteur.
3.
Qui se charge de meubler l'appartement ?
Le
promoteur. Préalablement à la vente des droits d'utilisation à
temps partiel d'un ou plusieurs biens immobiliers, le promoteur
devra meubler chaque appartement avec le mobilier approprié pour
son utilisation et dresser un inventaire qui sera inclus dans
les contrats de vente.
4.
Qui se charge du nettoyage de l'appartement et de l'entretien
des éléments communs de l'immeuble ou du complexe ?
Aux
termes de la Loi, ces taches sont du ressort d'une entreprise
de services avec laquelle le promoteur devra nécessairement passer
un contrat lors de la constitution du régime spécial d'exploitation.
Il existe la possibilité que le promoteur lui-même assure la prestation
de ces services.
5.
Comment ce régime spécial d'exploitation touristique est-il constitué ?
Le
promoteur devra obligatoirement passer un acte authentique par
devant Notaire et l'inscrire au Registre Foncier. L’acte authentique
devra contenir des renseignements tels que la description de chaque
appartement, le nombre de périodes, la durée de celles-ci, les
heures d'arrivée et de départ de chaque utilisateur, les services
qui seront fournis, etc... A l'acte authentique il faudra joindre le contrat passé
par le promoteur et l'entreprise de services, ainsi que les contrats
d'assurance exigées par la Loi (qui visent a
s'assurer que le promoteur et l'entreprise de services respectent
leurs engagements). Tous ces documents seront conservés au Registre.
6.
Quel est le but de l'inscription du régime au Registre Foncier ?
L'inscription
sert à garantir que le promoteur est le propriétaire de l'immeuble
ou du complexe et qu'il s'est acquitté de ses obligations (dans
le cas contraire, le Notaire n'authentifierait pas l'acte et le
Conservateur des Hypothèques ne l'inscrirait pas), et à faciliter
la publicité dans la vente des droits d'utilisation à temps partiel
de biens immobiliers, vu que tout le monde peut se rendre au Registre
et consulter les caractéristiques du régime, le contrat passé
avec l'entreprise de services et les assurances.
7.
Existe-t-il une autre forme de publicité ?
Avant
de commencer la vente, le promoteur est tenu d'éditer une brochure
ou document informatif contenant les renseignements visés à la
Loi, de manière à faire connaître aux éventuels acheteurs des
informations précises. Cette brochure sera distribuée de façon
gratuite, après avoir été mise aux archives au Registre Foncier.
En outre, le promoteur devra fournir aux intéressés l'adresse
et numéros de téléphone des services officiels où il pourra obtenir
des renseignements sans aucun frais: Bureaux de Tourisme, Bureaux
Municipaux de Consommation,
Etudes de Notaires et Registres.
8.
Comment peut-on acquérir les droits d'utilisation à temps partiel ?
Par
voie d'un contrat passé par le promoteur et l'acheteur. Ce contrat
peut être sous-seing privé mais si l'acheteur souhaite faire inscrire
son droit au Registre Foncier
il faudra passer un acte authentique par devant Notaire. Le contrat
devra contenir les faits et les circonstances visés à la Loi (mobilier,
services et éléments communs, frais de passation du contrat, etc.).
Il n'est pas indispensable que l'immeuble ou le complexe soient
déjà construits mais s'ils ne le sont pas la Loi établit une série
de précautions et de garanties afin d'assurer la protection du
droit de l'acheteur.
9.
En quelle langue le contrat doit-il être rédigé ?
Obligatoirement
en espagnol ou, au choix de l'acquéreur, dans l'une des langues
officielles en Espagne. Toujours au choix de l'acquéreur, il peut
en outre être rédigé dans n'importe quelle langue d'un Etat membre
de l'Union Européenne.
10. Les parties
peuvent-elles se soumettre à une Loi autre que la Loi espagnole ?
Non.
La loi applicable est toujours la loi espagnole, quel que soit
le lieu de passation du contrat.
11.
L'inscription au Registre Foncier est-elle conseillée ?
Oui,
car le Droit espagnol accorde, de façon générale, une importante
protection juridique à celui qui inscrit ses droits. En outre,
et comme nous l'avons vu au point 5 l'inscription préalable du
régime est obligatoire, l'enregistrement de son droit par l'acquéreur
évitera que ce droit continue a être inscrit au nom du promoteur
et que celui-ci puisse (vu les particularités du système d'enregistrement
espagnol) l'hypothéquer ou le vendre de nouveau au détriment du
premier acquéreur. En outre (du fait des particularités du système
espagnol précitées), l'inscription met l'acquéreur à l'abri des
actions judiciaires ou des saisies éventuellement intentées contre
le promoteur.
12.
L'acquéreur peut-il renoncer au contrat une fois celui-ci signé
?
Oui,
dans un délai de dix jours et sans avoir à fournir la moindre
explication. Il a en outre un délai de trois mois pour résilier
le contrat si le promoteur n'a pas respecté ses engagements, s'il
lui a fourni des renseignements insuffisants ou si le contrat
est incomplet.
13.
Faut-il verser le prix à la signature du contrat ?
Non,
car il faut attendre que les délais visés au point 12, pendant
lesquels l'acquéreur peut renoncer ou résilier le contrat, se
soient écoulés. Par contre, le promoteur et l'acquéreur peuvent
convenir des garanties visant à garantir le paiement une fois
ces délais écoulés.
14.
Mis à part le prix, quels autres frais l'acheteur doit-il verser ?
La
taxe au titre de l'acquisition et, si le contrat est passé sous
forme d'acte public et est inscrit au Registre Foncier, les droits
de notaire et d'enregistrement, qui sont établis par décret ministériel.
Annuellement, l'acquéreur doit verser sa part au titre des frais
d'entretien à l'entreprise de services; cette quote-part est établie
à la signature du contrat et est mise à jour chaque année conformément
a l'Indice des Prix à la Consommation (ou conformément au critère
de mise a jour librement convenu).
15.
L'acquéreur adhère-t-il à un club ou société ?
Non.
La situation de chaque acquéreur est autonome et indépendante
de celle des autres acheteurs. Il est toutefois possible, par
l'intermédiaire du promoteur, de participer à un système d'échange;
dans ce cas, l'acquéreur doit passer le contrat correspondant
avec l'entreprise chargée d'assurer ce service.